2011 : l’égyptienne Aliaa Elmahdy poste une photo d’elle nue sur son blog

A la fin de l’année 2011, quelques mois après la révolution égyptienne, Aliaa Elmahdy poste une photo d’elle nue sur son blog. Cette jeune égyptienne de 20 ans, qui souhaitait bousculer le débat sur la situation des femmes en Egypte, crée une véritable polémique dans tout le monde arabe. Soutenue par certains, elle est menacée par des groupes islamistes, dont une coalition de juristes qui porte plainte contre elle et exige qu’elle reçoive un châtiment conforme à la charia. Elle est obligée de fuir l’Egypte par sécurité et s’installe en Suède en mars 2012. Voir le documentaire Aliaa, la révolutionnaire nue

1934 : la Turquie autorise le suffrage et l’éligibilité politique des femmes

Le 5 décembre 1934, les femmes turques obtiennent les droits de suffrage et d’éligibilité pour les élections législatives. Elles possèdent déjà ces droits à l’échelle locale depuis 1930, pour les élections municipales. A cette époque, l’émancipation des femmes fait partie des grandes réformes du président de la nouvelle République de Turquie : Mustafa Kemal Atatürk, fondateur du premier état musulman et laïc du monde (en 1926, le code civil turc interdit la polygamie). Lire la notice "Le droit de vote des femmes"

1860 : Herculine Adélaïde Barbin devient Abel Barbin

Herculine Adélaïde Barbin, surnommée Alexina B, est élevée en tant que fille mais à la puberté, elle n’a aucune menstruation qui apparaisse ni aucune poitrine qui se développe. En revanche, elle doit se raser la moustache et la barbe. En 1860, un médecin constate son hermaphrodisme : Alexina possède en réalité un petit vagin ainsi qu’un petit pénis et des testicules internes. Ce qui entraine son changement de sexe juridique sur son état civil : à vingt et un an, Alexina devient Abel. Il s’installe à Paris où il vit dans la pauvreté et écrit ses mémoires, intitulés Mes Souvenirs, avant de se suicider en 1868.Lire mes souvenirs

1848 : Eugénie Niboyet fonde le journal La voix des femmes

En mars 1848, Eugénie Niboyet fonde à Paris La Voix des femmes, un « journal socialiste et politique, organe des intérêts de toutes ». Le contexte politique est alors marqué par un assouplissement de la liberté de la presse et de réunion. Le journal rassemble de nombreuses féministes et auteur.e.s au sein de La Société de la Voix des femmes, qui devient l’un des principaux clubs féministes de l’époque. Mais en mai 1848, la fin du gouvernement provisoire signe le retour de la répression : les féministes sont la cible d’attaques répétées et Eugénie Niboyet se voit contrainte de fermer le club aux hommes. Le journal s’arrête au bout de trois mois d’existence.

1791 : Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Le 14 septembre 1791, Olympe de Gouges signe et publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne dans une brochure intitulée Les Droits de la femme. Le texte reprend la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et y intègre pleinement les femmes, considérant qu’elles ont les mêmes capacités intellectuelles que les hommes et qu’elles jouissent donc par nature des mêmes droits publiques et privés que leurs concitoyens. Lire le texte

1790 : Nicolas de Condorcet se prononce publiquement pour le droit de vote des femmes

Le 3 juillet 1790, Nicolas de Condorcet se prononce publiquement pour le droit de vote des femmes dans un article intitulé «De l’admission des femmes au droit de cité» et publié dans le Journal de la Société de 1789. Dans ce texte, le philosophe des Lumières pointe du doigt l’existence des rôles sociaux attribués par la société à chacun des deux sexes et le traitement injuste et inégalitaire réservé aux femmes ; déclarant qu’elles méritent par nature des mêmes droits que les hommes. Par conséquent, elles doivent avoir le droit de voter et d’être éligibles en politique. Lire la notice "Le droit de vote des femmes"

1686 : Kahina prend la tête de la résistance contre l’invasion arabe en Afrique du Nord

En 686, Kahina prend la tête de la résistance contre l’invasion arabe en Afrique du Nord. De son vrai nom Dihya, la reine guerrière fédère les tribus berbères qui refusent de se soumettre à la grande armée Omeyyades, qu’elle défait à deux reprises avec ses troupes avant de régner sur tout l'Ifriqiya. En 693, Kahina et ses cavaliers sont vaincus. Après s’être réfugiée dans l’amphithéâtre d’El Jem (en actuelle Tunisie), elle est faite prisonnière par les Omeyyades puis décapitée. Elle demeure, depuis, le symbole de la résistance berbère. Écouter Gisèle Halimi parler de Kahina

1622 : Marie de Gournay publie Égalité des hommes et des femmes

Marie de Gournay publie en 1622 un pamphlet intitulé Égalité des hommes et des femmes, qu’elle adresse à la reine Anne d’Autriche. Elle y réfute l’essentialisme et la différentiation hiérarchique des sexes, qui prédominent largement à cette époque, et démontre au contraire qu’aucun sexe n’est supérieur ou inférieur à l’autre. Pour cela, elle s’appuie notamment sur le parcours de personnalités comme Marie et Catherine de Medicis, Procula, Sainte Pétronille, Marie-Madeleine, Judith, Jeanne d’Arc et d’autres, qu’elle ajoute au fur et à mesure des rééditions de son pamphlet.

1881 : Hubertine Auclert fonde le journal La Citoyenne

Le 13 février 1881, année de l’adoption de la loi sur la liberté de la presse, Hubertine Auclert fonde l’hebdomadaire La Citoyenne, publié à Paris pendant dix ans (entre temps, le journal devient un mensuel). Dès sa création, le journal reçoit de nombreux soutiens et rassemble l’élite du mouvement féministe français. Anticlérical, il défend avec ferveur l'émancipation des femmes dans les domaines privés et publiques et organise plusieurs grandes opérations de propagande en faveur des droits politiques des femmes pendant les périodes électorales.

1893 : la Nouvelle-Zélande accorde le droit de vote aux femmes

Le 19 septembre 1893, la Nouvelle-Zélande devient le premier État indépendant du monde à accorder le droit de vote aux femmes. Après deux refus du Conseil législatif en 1891 et 1892, les suffragettes, menées par Kate Sheppard, lancent une pétition en faveur du droit de vote des femmes en 1893. Celle-ci rassemble les signatures de près d’un quart des femmes adultes du pays et entraine un nouvel examen de la loi lors duquel deux membres du Conseil législatif changent d’avis. Le projet de loi est adopté et les néo-zélandaises votent pour la première fois lors des élections législatives de novembre 1893. En 1997, l’UNESCO classe la pétition de 1893 dans le registre international «Mémoire du monde». Voir la pétition de 1893 Lire la notice "Le droit de vote des femmes"

1897 : Marguerite Durand crée le journal La Fronde

Le 9 décembre 1896, Marguerite Durand fonde à Paris le quotidien La Fronde, un « journal féminin et féministe » qui devient un mensuel en 1903 avant de s’arrêter en 1905. Malgré l’interdiction du travail de nuit pour les filles, le journal est une feuille du matin et n’admet aucune parité au sein de son équipe de rédaction. Il marque un véritable tournant dans l’histoire du féminisme français et fédère les plus grandes plumes libres penseuses de l’époque.

1907 : dix-neuf femmes sont élues députées en Finlande

Un an après que le gouvernement finlandais ait autorisé les droits de vote et d’éligibilité pour les femmes (1906), dix-neuf finlandaises sont élues députées sur une chambre de deux cent membres au printemps 1907. Elles sont les premières femmes du monde à accéder au poste de députée. En 2014, la Finlande est le second pays de l’Union européenne (derrière la Suède) dont la représentativité des femmes au sein de son Parlement est la plus élevée, avec 42,5% de femmes parlementaires, soit 85 femmes sur 200 membres. Lire la notice "Le droit de vote des femmes"

1911 : Marie Curie obtient un deuxième prix Nobel

Après avoir reçu prix le Nobel de physique en 1903 avec son mari Pierre Curie pour leurs recherches sur les radiations, Marie Curie obtient le prix Nobel de chimie en 1911 pour son travail sur le polonium et le radium. A l’époque, la presse française évoque à peine la nouvelle... En 1995, ses cendres sont transférées au Panthéon avec celles de son mari. En 2014, Marie Curie demeure être la seule femme du monde à avoir reçu deux prix Nobel, ainsi que la seule scientifique à avoir été récompensée dans deux domaines différents.

1920 : la Russie autorise l’avortement

En 1920, le régime soviétique autorise l’avortement en Russie, puis dans toute l’URSS en 1921. Cette autorisation relève cependant avant tout d’une prise de position idéologique des bolchéviques. Jusque-là considérée comme un grave crime, l’interruption volontaire de grossesse devient possible sur simple demande mais aucune mesure concrète ni aucun cadre légal ne l’encadre jusqu’en 1924 ; après quoi une réglementation s’instaure peu à peu, avant tout dans une optique de contrôle. En 1936, l’arrivée au pouvoir de Staline signe la fin de cette autorisation, rétablie par Nikita Khrouchtchev en 1955. Lire la notice "Le droit à l'avortement"

1949 : Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir parait en France

En 1949, Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir parait en 1949 en deux tomes. Il est aujourd’hui l’ouvrage féministe de référence en France et dans le monde. La célèbre citation de Simone de Beauvoir « On ne naît pas femme : on le devient » en est extraite. Simone de Beauvoir analyse dans cet ouvrage la construction par la société, la famille, la religion de la notion de féminité et l'infériorisation des femmes qu’elle entraine. L’ouvrage rappelle également que le féminisme est une manière de vivre individuellement et de lutter collectivement.

2008 : Thomas Beatie est le premier homme à accoucher d’une enfant aux États-Unis

En juin 2008, l’américain Thomas Beatie, originaire d’Hawaï, est le premier homme du monde à accoucher d’une enfant (par voie naturelle). Né avec un sexe de femme, Thomas Beatie est légalement reconnu homme après une réduction mammaire et des injections de testostérone. Il conserve cependant ses organes génitaux, sa femme étant stérile. Entre 2008 et 2010, il met au monde trois enfants suite à des inséminations artificielles.

1956 : la Tunisie instaure le Code du statut personnel

Le 13 août 1956, au lendemain de son indépendance, la Tunisie instaure le Code du statut personnel sous l’impulsion de son premier ministre et futur président Habib Bourguiba, avant même que la jeune république ne se dote d’une constitution. Le Code du statut personnel instaure un cadre juridique favorable à l’émancipation des femmes : il autorise les femmes à demander le divorce et interdit la polygamie et le mariage forcé. L’homme y demeure malgré tout le «chef de famille» et le fils continue d’hériter deux fois plus que la fille.

1979 : l’Ayatollah Khomeiny fait passer une fatwa légalisant la transsexualité en Iran

En Iran, le changement de sexe est chirurgicalement possible et légalement reconnu depuis la fin de la révolution islamique en 1979. A cette époque, l’Ayatollah Khomeiny fait passer une fatwa (un décret religieux) autorisant la chirurgie «corrective» des personnes «diagnostiquées» transsexuelles. Une partie des frais de l’opération de changement de sexe peut être prise en charge par l’État iranien, selon les moyens financiers des personnes. Tant de mesures mises en place pour lutter contre l’homosexualité, qui demeure passible de la peine de mort en 2014.

1973 : Billie Jean King remporte « la bataille des sexes » face à Bobby Riggs

Le 20 septembre 1973 à Huston, la tenniswoman et féministe Billie Jean King, 29 ans, et le tennisman Bobby Riggs, 55 ans, s’affrontent lors d’un match surnommé « la bataille dessexes ». L’ancien vainqueur de Wimbledon et de l’US Open, qui estimait publiquement que la place des femmes était à la maison et affirmait pouvoir battre haut la main la numéro un mondiale, est battu en trois sets. Cet évènement a largement contribué à la reconnaissance du tennis féminin.

1972 : le procès Bobigny a lieu en France

D’octobre à novembre 1972, alors que l’avortement est encore illégal en France, Marie-Claire Chevalier, 16 ans, est jugée pour avoir avorté après un viol. A ses côtés, trois autres femmes sont accusées pour complicité, dont sa mère Michèle Chevalier, et une quatrième pour avoir pratiqué l’acte. Les cinq femmes sont défendues par Gisèle Halimi. Lors de l’audience publique du 8 novembre, de nombreuses personnalités sont présentes et l’avocate réalise une plaidoirie historique. Marie-Claire et ses deux amies « complices » sont finalement relaxées, Michèle Chevalier est condamnée à 500 francs d’amende avec sursis et la quatrième prévenue écope d'un an de prison avec sursis. Trois ans plus tard, la loi Veil autorise l’avortement en France. Lire la plaidoirie de Gisèle Halimi du 8 novembre 1972 Lire la notice "Gisèle Halimi"

1971 : le Manifeste des 343 parait dans Le Nouvel Observateur

Le 5 avril 1971, Le Nouvel Observateur publie le « Manifeste des 343 » sous l’impulsion de Nicole Muchnik et de Jean Moreau. Rédigé par Simone de Beauvoir, ce manifeste réclame la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, jusque-là condamnée pénalement. Il rassemble les signatures de 343 femmes qui déclarent avoir avorté, dont de nombreuses personnalités. Une semaine après sa parution, le journal satirique Charlie Hebdo rebaptise la pétition «le manifeste des 343 salopes». Voir le manifeste Lire la notice sur "Le droit à l'avortement"

1970 : la première gay pride du monde a lieu à New-York

En juin 1970, la première gay pride du monde a lieu à New-York pour commémorer les émeutes de Stonewall qui, un an plus tôt, voyaient s’affronter homosexuels et policiers pendant plusieurs nuits dans les rues new-yorkaises. A la fin du mois de juin 1969, alors que l’homosexualité était encore réprimée par les sodomy laws, des policiers new-yorkais réalisèrent des descentes musclées dans les bars gays de la ville. Au Stonewall Inncependant, dans Greenwich Village, les habitants et les homosexuels se rebellèrent contre les interventions des policiers.

1965 : la France adopte une loi portant réforme des régimes matrimoniaux

Le 13 juillet 1965, une réforme des régimes matrimoniaux est adoptée en France, mettant un terme au droit patrimonial du Code Napoléon, qui affirmait jusqu’alors l’incapacité juridique des femmes mariées. La réforme de 1965 autorise les femmes mariées à disposer de leurs biens, à ouvrir un compte bancaire, à exercer une profession sans l’autorisation de leur mari. Elle introduit également le régime de la communauté réduite aux acquêts en l'absence de contrat de mariage. Tant de dispositions qui représentent alors un grand pas vers l’égalité femmes-hommes au sein des foyers mais également pour la société toute entière. Voir un reportage de l’époque sur le sujet

2012 : le pronom « hen » est ajouté à la version numérique de l’Encyclopédie nationale suédoise

En 2012, le pronom neutre « hen » est ajouté à la version numérique de l'Encyclopédie nationale suédoise. Mentionné pour la première fois dans les années 1960, les linguistes suédois y voient alors un côté pratique et de nouvelles nuances intéressantes pour la langue, le pronom permettant de parler d’une personne sans préciser son sexe. En Suède, le gouvernement encourage les écoles à lutter contre les stéréotypes de genre depuis 1998.

2013 : de vives manifestations contre le viol ont lieu dans toute l’Inde

En décembre 2013, le viol collectif et le meurtre d’une étudiante de 23 ans à New Delhi provoque de vives réactions populaires dans tout le pays : pour la première fois dans l’Histoire indienne, femmes et hommes descendent dans la rue pour exprimer leur mécontentement quant à la condition des femmes indiennes et notamment quant aux violences sexuelles qu’elles subissent. Cette année-là, les forces armées indiennes et de nombreux établissements annulent leurs festivités prévues pour le jour de l’an en signe de deuil.